29. Okt 2025
Quiconque traverse la Suisse voit partout les traces d’une tradition de construction vieille de plusieurs siècles – des monastères romans aux constructions modernes en béton ou en bois. Plongez dans l’histoire d’un secteur qui constitue depuis des siècles l’épine dorsale de l’économie suisse.

À la fin du Moyen Âge, le secteur de la construction commença à se transformer. Les projets complexes furent de plus en plus confiés à des entreprises orientées vers le profit, qui employaient souvent plusieurs dizaines d’ouvriers salariés. Ce phénomène était particulièrement marqué dans les zones rurales, où il n’existait pas de corporations dont la vocation première n’était pas la maximisation du profit, mais la stabilité et la solidarité.
Les entrepreneurs du bâtiment employaient des dizaines de travailleurs et réalisaient des projets complexes. Ils posèrent ainsi les bases d’une nouvelle culture de la construction, dans laquelle la planification économique, la division du travail et l’innovation technique prirent une importance croissante.
Parallèlement, au XIXᵉ siècle, des sociétés de construction virent le jour et créèrent des quartiers entiers, comme le quartier Kirchenfeld à Berne ou le quartier Gundeldingen à Bâle.
La seconde moitié du XIXᵉ siècle marque la naissance de l’économie moderne de la construction. Les machines de chantier à moteur et les éléments préfabriqués en béton transformèrent profondément les méthodes de construction.
De nouvelles techniques et de nouveaux matériaux, comme le fer et l’acier, révolutionnèrent en particulier la construction de ponts et de chemins de fer. Le chemin de fer — et avec lui le secteur de la construction, qui avait rendu son développement possible — joua un rôle central durant l’industrialisation. Sans lui, la Suisse serait probablement restée encore pendant des décennies un pays essentiellement agricole.
En 1847, la première ligne ferroviaire suisse destinée au transport de voyageurs, la «Spanisch-Brötli-Bahn», circula entre Baden et Zurich – une étape marquante dans l’histoire des transports du pays.

© ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv

© ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv
En 1882, le tunnel du Gothard fut achevé, marquant un autre projet majeur — voire le plus important — de l’histoire des transports en Suisse.

© ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv
Après la fin de la Première Guerre mondiale, la Suisse aspira à une plus grande indépendance en matière de production d’électricité et de fabrication de matériaux de construction. Les cimenteries et les grandes entreprises de construction profitèrent des multiples usages du béton et connurent un essor.
La véritable période de prospérité suivit toutefois la Seconde Guerre mondiale : routes nationales, centrales électriques (barrages et centrales nucléaires), nouveaux quartiers d’habitation et installations industrielles marquèrent les années 1950 à 1970.
Cependant, les crises économiques entraînèrent à plusieurs reprises des reculs, notamment dans les années 1970 et 1990. De nombreuses entreprises historiques furent mises sous pression. Malgré cela, le secteur de la construction demeura l’un des piliers de l’économie suisse.
Le secteur se trouve à nouveau à un tournant : durabilité, numérisation et besoin de main-d’œuvre qualifiée dominent les grands débats. Économie circulaire, BIM, énergies renouvelables, impression 3D, capture du carbone… les thèmes ne manquent pas. Les temps changent peut-être, mais une chose reste certaine : on construit toujours — hier, aujourd’hui et demain.
La construction a toujours été un reflet des évolutions de la société. Dès le XIXᵉ siècle, de nombreux ouvriers d’Italie du Nord vinrent travailler en Suisse. Aujourd’hui encore, la branche dépend de la main-d’œuvre immigrée. Depuis les années 1960, environ 60 % des travailleurs du bâtiment proviennent de l’étranger.
Les conditions de travail étaient autrefois dures et dangereuses. Depuis, beaucoup de progrès ont été réalisés : la sécurité au travail et la protection de la santé sont désormais des priorités absolues. Vous trouverez davantage d’informations à ce sujet dans la prise de position du secteur suisse de la construction.
Aujourd'hui, le secteur de la construction emploie environ 500 000 travailleurs qualifiés, forme 20% de tous les apprentis et représente 12% du produit intérieur brut suisse.
Armand Brulhart: "Bauwesen", in: Historisches Lexikon der Schweiz (HLS). Online: https://hls-dhs-dss.ch/de/articles/014002/2014-06-26/, konsultiert am 21.10.2025.
Benedikt Meyer: "Durchbruch am Gotthard", in Blog Nationalmuseum. Online: https://blog.nationalmuseum.ch/2019/10/durchbruch-am-gotthard/, konsultiert am 21.10.2025.
Christian Lüthi: "Baugewerbe", in: Historisches Lexikon der Schweiz (HLS). Online: https://hls-dhs-dss.ch/de/articles/041548/2015-07-22/, konsultiert am 21.10.2025.
Hans-Ulrich Schiedt und Heinz Herzig: "Strassen", in: Historisches Lexikon der Schweiz (HLS). Online: https://hls-dhs-dss.ch/de/articles/007959/2015-02-10/, konsultiert am 29.10.2025.
Niccolò Schmitter: "Wie Römerstrassen zu Wohlstand führten", in: Tagesanzeiger. Online: https://www.tagesanzeiger.ch/wie-roemerstrassen-zu-wohlstand-fuehrten-770179170822, konsultiert am 29.10.2025.
Stefan Krötsch: "Geschichte des Holzbaus", in: Baunetz. Online: https://www.baunetzwissen.de/holz/fachwissen/einfuehrung/geschichte-des-holzbaus-6640622, konsultiert am 21.10.2025.
Tagesschau: "5317 Kilometer in 175 Jahren: Eine Zeitreise durch die Schweizer Eisenbahn-Geschichte", in: SRF News. Online: https://www.srf.ch/news/schweiz/5317-kilometer-in-175-jahren-eine-zeitreise-durch-die-schweizer-eisenbahn-geschichte, konsultiert am 21.10.2025.